21 mars, 2025   |  dans Univers des parents 

Diminuer l’agressivité de mon enfant devant sa colère


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Les gestes d’agressivité sont souvent une source d’inquiétude pour les parents : pourquoi mon enfant agit-il ainsi ? Pourquoi est-il agressif alors que je ne l’ai jamais été avec lui ? Comment faire cesser ce comportement ? Quelle conséquence appliquer lorsqu’il a un geste agressif ?

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Une des préoccupations récurrentes chez les parents que nous accompagnons, que ce soit en suivi privé à la clinique ou à travers les questions reçues, concerne les comportements agressifs qui surviennent lors d'une crise ou à la suite d'un mécontentement.

Un enfant qui tire les cheveux de son camarade parce qu'il est frustré. Un enfant qui tape son parent après avoir appris qu'il était temps de quitter le parc. Un enfant qui hurle : "Tu es un gros caca qui pue et je te déteste !" suite à un refus.

Est-ce normal ? La réponse simple est : oui, c'est normal.

Mais nuançons les choses ensemble ! 

L'émotion : un mouvement naturel

Le mot émotion vient du latin emovere, qui signifie "mettre en mouvement". Et c'est exactement ce que fait la colère ! Elle est instinctive, parfois intense, et sert de signal d'alarme à notre cerveau : quelque chose ne fonctionne pas.

Face à une frustration, l'humain dispose de trois options. Pour mieux comprendre ce processus, le Dr Gordon Neufeld utilise une brillante analogie : le "Traffic Circle Model Of Frustration".

Lorsque le cerveau perçoit une frustration, il cherche automatiquement une issue pour résoudre le problème, bien souvent avant même que nous en ayons conscience.

Voici les trois principales sorties disponibles :


1. Le changement (Flight)

L'enfant ou l'adulte modifie la situation pour qu'elle ne soit plus frustrante.

Exemples :

  • Lors d'un conflit avec une amie qui lui a dit des paroles blessantes, mon enfant choisit d'arrêter de jouer avec elle et va faire autre chose.
  • Un adolescent se réfugie dans sa chambre pour se calmer après une dispute.
  • Un adulte décide de ne plus aller dans un restaurant où il a eu une mauvaise expérience.

2. L'adaptation

Si le changement n'est pas possible, la frustration se transforme en tristesse, permettant à l'enfant d’accepter la situation.

Exemples :

  • Un enfant pleure après une crise de frustration et trouve du réconfort dans les bras de son parent.
  • Ensemble, parent et enfant trouvent un compromis face à une situation frustrante.

3. L’agression impulsive (fight)

Si aucune des deux premières issues n’est empruntée, la frustration peut se décharger sous forme d'agressivité (verbale, psychologique ou physique). Cette décharge procure un soulagement immédiat, mais elle ne résout pas le problème. Dans le volcan ci-dessous, vous trouverez plusieurs manifestations de l'éruption de la frustration (inspirée de Gordon Neufeld).

Dans le cas où un enfant ou un adulte aurait un doute quant à l'utilisation de l'agressivité (je ne veux pas blesser mon ami, si je me bats je pourrais avoir de gros ennuis, ce n'est pas la bonne solution) la personne effectuera un nouveau tour du carrefour giratoire afin de trouver une meilleure solution. 

Exemple :
Un enfant frappe, mord, crie ou insulte parce qu'il ne sait pas comment exprimer autrement sa frustration.


Avec le temps et la maturation du cerveau (vers 5-7 ans, différemment pour chaque enfant), les enfants développent progressivement la capacité à choisir les sorties du changement et de l'adaptation plutôt que l'agression... À condition bien sûr de grandir dans un environnement où le modèle est adapté, l'aide est appropriée et que les émotions sont normalisée et bien évidemment accompagnées ! Comment y arriver ? 


Changer notre perception et notre approche

Trop souvent, nous avons tendance à voir ces comportements comme des "mauvais comportements" à corriger immédiatement avec une conséquence. Mais cette approche ajoute une couche supplémentaire de frustration à celle déjà présente. 

Au lieu de penser "mon enfant doit arrêter ce comportement", réfléchissons en termes de besoin : "quelque chose ne va pas pour mon enfant, il a besoin d'aide".


Nouveau regard à adopter :

Notre objectif devrait être d'aider notre enfant à traverser sa frustration tout en préservant notre connexion avec lui.


Offrir un environnement sécurisant

  1. Éviter la déconnexion : Ne laisse pas les attaques interférer avec ta connexion à ton enfant (car elles seront nombreuses tout au long de l’enfance). «Je vois que tu es fâché, je comprends, et je veux t’aider à trouver une solution pour que tu te sentes mieux » . Lorsqu'au contraire, l'enfant est isolé dans sa chambre ou punit, la frustration grandit et l'enfant ne peut apprendre à utiliser d'autres solutions. On ne fait alors que tourner en rond. 

2. Accepter que l’émotion existe : Elle existe pour une raison, elle a besoin d’être exprimée, et non réprimée. On ne doit surtout pas protéger notre enfant de la colère en cherchant toujours à acheter la paix, en trouvant des solutions à sa place ou en évitant systématiquement des situations de frustration (comme éviter une sortie au parc ou éviter de le faire garder pour une date en amoureux) ! Cela ne l’aidera pas ! Les enfants doivent apprendre à naviguer à travers les émotions plus désagréables, même si cela les rend inconfortables. D'ailleurs, s'il vit que trèes rarement des situations frustrantes, comment l'aider à apprendre à utiliser les sorties du changement ou de l'adaptation ? C’est pour cela que tu es là, pour l’accompagner et l’aider ! Mais il te faudra une bonne réserve de patience et de persévérance ! 

3. Développer l’intelligence émotionnelle : Nommer les émotions permet à l'enfant de mieux les comprendre.

  • "Tu es fâché, en colère, frustré, mécontent."
  • Mais pas : "Tu es agressif, violent, méchant."

4. Autoriser les pleurs : «C'est correct de pleurer, tu peux pleurer. Tous les humains pleurent, ça fait du bien parfois ! ».

5. Rediriger l'agressivité vers le jeu : Si l'enfant a besoin d'un soulagement on peut utiliser le jeu pour le guider vers le changement ou l'adaptation en mobilisant l'énergie, exemples : jeu de destruction, sauter sur un trampoline, aller courir, danser, frapper dans un coussin, dessiner, utiliser des figurines, etc..

Finalement...

Plutôt que d'agir pour faire taire la colère, nous pouvons apprendre à mieux la comprendre et aider nos enfants à faire de même. Accompagner la colère ou la frustration aujourd'hui, c'est leur donner les outils pour mieux gérer leurs émotions demain.

Et si, la prochaine fois, au lieu d'une crise de bacon, on voyait une opportunité d'apprentissage ?

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Tu y trouveras aussi quelques suggestions de podcast ci-dessous. 

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Épisode 20 : Que faire pour calmer une crise très intense (tempête-ouragan)?

Tu as certainement déjà vécu une très grosse colère, celle où ton enfant semblait totalement hors de contrôle. T’sais, celles où les jouets volent dans la maison, comme dans The Matrix ? Celles où tu te fais crier : « VAS-T’EN !!! » juste avant qu’il ne hurle encore plus fort pour que tu reviennes ? Celles où tu as l’impression que chaque mot qui sort de sa bouche est complètement incohérent, voire terriblement blessant et « clairement contre toi », tandis que ceux qui sortent de la tienne semblent jeter de l’huile sur un feu de joie de 26 pieds de haut ? 

Celles où tu ne sais plus où te placer, quoi dire, quoi ne pas dire. Celles qui te déstabilisent et où tu te surprends peut-être à crier « CALME-TOI, C’EST ASSEZ ! »… mais où visiblement, le seul effet que ça a, c’est de transformer ton enfant en une créature mystérieuse, dont la force destructrice est encore plus incroyable qu’Hulk sous stéroïdes.

Je sais. Intenses, surprenantes, déstabilisantes, épuisantes ! Ton enfant est pourtant normal !

Épisode 15 : « Mon enfant fait plusieurs crises par jour, pour un rien »

« Noooonnnn, je voulais pas le bol rouge, je voulais le bleeeeeeeu ! »

Est-ce que les crises fréquentes pour un rien te disent quelque chose ?

Parfois, la mauvaise couleur d’un bol, c’est aussi juste le déclencheur d’une diarrhée émotionnelle qui avait grand besoin de sortir. Un petit rien qui déclenche une tornade. Ça peut facilement paraître disproportionné ou ridicule, mais les émotions vécues par ton enfant sont bien réelles.

Mais peut-être te demandes-tu : « Est-ce que c’est normal ? » ou « Pourquoi autant de crises ? » et « Qu’est-ce que je fais de pas correct, ou qu’est-ce que je peux faire de différent ? »

Quelques ajustements pour améliorer la fluidité et la clarté !

Mélanie Fortier


ÉDUCATRICE SPÉCIALISÉE ET CONSEILLÈRE PÉDAGOGIQUE,
CRÉATRICE ET RÉDACTRICE AU CONTENU PARENTALITÉ ET PETITE ENFANCE

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